Libre comme l’eau

Petite goutte d’eau tombée du ciel,

Qui ruisselle sur le flanc de la montagne,

Qui trace son chemin de ruisseau en rivière,

Que rien ni personne ne peut arrêter, dévier, contrarier,

Qui poursuit sa course en toute liberté,

Acceptant aux détours d’enrichir quelques sols ou quelques rizières pour nourrir quelques hommes,

Et qui finalement trouve sa ligne d’arrivée, son océan…

Rejoindre l’immensité, le Tout, les autres petits gouttes d’eau,

Toutes pareilles et pourtant toutes différentes,

Chacune teintée de son histoire,

La mémoire de l’eau,

Tout ce qu’elle a rencontré sur son chemin lui donne son caractère unique,

Chaque sol, chaque pierre, chaque plante l’a enrichie de minéraux, d’oligo-éléments et de mémoires subtiles…

Toujours elle a gardé sa confiance en la Vie,

Pour filer en toute fluidité,

Là où elle l’a décidé.

Toujours sûre d’y arriver, sans peur de se perdre dans la multitude, sans crainte de se noyer parmi les autres,

Rester elle… Ainsi est la petite goutte d’eau.

Que l’océan est riche de toutes ces gouttes d’eau ! Chacune lui offre sa force, sa puissance et son unicité, pour faire de lui ce qu’il est, la somme de toutes ces petites gouttes d’eau.

Essentiel

Et si j’allais vers mon essentiel ?

Depuis toute jeune, j’ai cette conscience de ce qui est essentiel face à ce qui ne l’est pas. Quand la vie nous vole un parent trop tôt, c’est une sagesse que l’on acquiert bien malgré soi… à chaque instant, savoir distinguer l’important du futile. Et parfois cela t’éloigne des autres. Moi, elle m’a permis d’orienter très tôt mes choix de vie pour rester près de ceux que j’aime et près de la Nature.

Et puis la maladie est venue me crier ce que j’avais oublié : combien j’étais MON essentiel. Bien avant tout le reste : m’accepter telle que je suis et telle que je ne suis pas, prendre soin de moi sur tous les plans (physique, mental, émotionnel, énergétique et spirituel), me nourrir de ce qui est bon pour moi et me délester de ce qui ne l’est pas, suivre la voie que m’indique mon coeur. Alors, mes passions pour le yoga et les arts textiles ont pris de plus en plus de place dans ma vie.

Le confinement est venu nous révéler des vérités plus ou moins dures, plus ou moins évidentes. Certains ont réalisé combien leur travail était essentiel, c’est à dire que le service qu’ils rendent aux autres est tel qu’il est inenvisageable qu’ils ne s’arrêtent. D’autres ont réalisé combien leur travail était essentiel pour eux, leur apportant un tel épanouissement ou un tel remplissage de leur vide intérieur, qu’il leur était impossible de s’arrêter trop longtemps. D’autres encore ont vu là une belle opportunité d’occuper leur temps autrement pour venir nourrir leur vie intérieure et ont pris conscience que leur activité professionnelle n’était finalement pas essentielle… importante peut-être, avec des responsabilités sûrement, mais pas essentielle… pour eux et/ou pour les autres. Que font-on avec ça maintenant ?

On continue de faire semblant d’être à sa place ? On s’évertue à mettre son énergie dans une activité non essentielle ? Ou on choisit de se réinventer, d’aller vers un nouveau domaine dans lequel on sera plus utile et dans lequel on pourra grandir et s’élever ?

Quand la pandémie est venue nous mettre à l’arrêt et chambouler l’ordre établi, j’ai aimé… j’ai aimé ralentir, faire une pause, avoir plus de temps pour ma vie intérieure, rester chez moi dans mon cocon, ne plus entendre d’annonces publicitaires à la télé ou à la radio fin de toutes ces incitations à consommer toujours plus, ne plus entendre d’avions ni de voitures troubler la quiétude dans mon jardin, voir la nature heureuse et joyeuse. J’ai aimé que mes oreilles se reposent, ne faire que ce qui me plaît, resserrer les liens avec ceux qui me sont chers et ne plus côtoyer ceux que je n’ai pas choisis, que le temps se suspende…

Comme un nouveau révélateur de ce qui m’est essentiel aujourd’hui. Et mon travail n’en fait plus partie ; il me vole même mon temps et mon énergie pour pouvoir faire ce qui compte vraiment pour moi. Bye bye l’administratif et la bureaucratie… Je comprends alors qu’il est temps pour moi de faire de mes passions un travail en mode indépendante, me laissant libre d’aller où mon intuition m’emmène et en respectant mon propre tempo. Je réalise le bien-être que me procure la transmission du yoga, quand je guide les autres vers leur propre bien-être. Je réalise combien il est important que je prenne ma place d’artisan d’art textile, car je l’ai toujours été au fond de moi. Une voie pour participer à un monde nouveau en construction, dans lequel on consommera local, éthique, respectueux de la nature pour vive dans l’harmonie. Un monde où le travail des mains sera valorisé, et même sacralisé… où l’on saura lire le message d’âme et d’amour du créateur.

Arrêtons d’exploiter des peuples pauvres et des enfants malheureux avec nos sur-consommations,

Arrêtons de nous entourer de toxiques et de fragiliser notre santé,

Arrêtons de faire circuler tant d’avions pour notre consommation de produits venus du bout du monde,

Arrêtons d’abîmer et d’exploiter notre Terre,

Arrêtons de vouloir toujours plus et acceptons de payer le prix juste pour chaque achat conscient,

Place à la modération.

Laissons émerger un monde nouveau, avec de nouveaux métiers valorisants et épanouissants. Intéressons-nous aux créateurs et artisans, à leur histoire, à qui ils sont, à leurs messages. Admirons leurs savoir-faire, leur expertise, leur technicité, leur dévouement à leur art. Là est mon essentiel.

Révélateur

Tel le négatif d’une photo, cette période est un révélateur et nous offre l’opportunité de nous regarder sans filtre, pour mieux comprendre nos fonctionnements. Observe ton monde d’aujourd’hui. Il n’est que ton reflet car tout part de toi.

As-tu choisi de te choisir et de dire ta vérité, aussi désagréable soit-elle à entendre pour l’autre, ou de te sacrifier encore ?

As-tu aidé les plus faibles ou les as-tu ignorés, voire enfoncés ? Soutenant ou ignorant ? Présent ou absent ?

Es-tu même conscient de qui a besoin d’aide ou d’attention ? Empathique ou égocentré ?

A l’heure où l’intérêt collectif était de rester chez soi, qu’as-tu privilégié ?

Es-tu de ceux qui protègent ou de ceux qui exposent ? Effort ou confort ? Altruiste ou égoïste ?

Es-tu de ceux qui râlent, résistent, se révoltent ou de ceux qui créent, innovent, se réinventent ?

Es-tu de ceux qui jugent, critiquent, médisent ou de ceux qui acceptent, respectent, accueillent ? Es-tu éteint ou curieux ?

Acceptes-tu les remarques ou fermes-tu les oreilles ? Prêt à évoluer ou à t’encroûter ?

As-tu des préjugés et des idées toutes faites, ou l’esprit ouvert ? Hurlant ou à l’écoute ?

Es-tu de ceux qui favorisent conflits et agressivité ou de ceux qui inspirent paix et calme ?

Es-tu de ceux qui (s’)enferment ou de ceux qui (se) libèrent ?

Alors, où en es-tu ?

2020, année de pause

Confinés…

Nul ne semble pouvoir y échapper. Même ceux qui ont tenté de lutter ont été rattrapés quelques temps après par une blessure, maladie ou un épuisement qui les ont conduits à arrêter leur travail et à s’isoler.

Ce n’est pas toi qui décides, c’est la Vie.

Il est temps pour chacun de s’arrêter pour comprendre ce qu’il a à comprendre, pour apprendre ce qu’il a apprendre.

Ainsi en a décidé la Vie, la Terre.

Ecoute le message, il est pour nous tous.

Le jour où le monde s’est arrêté

Sentez-vous comme la Nature est heureuse cette année pour son réveil printanier ? Et ça, ça me rend heureuse.

Jamais ma clématite n’a été aussi épanouie, aussi généreuse, aussi belle.

Jamais les oiseaux n’ont autant chanté l’arrivée du printemps, jamais ils n’ont volé aussi librement. Enfin, le ciel leur appartient.

Jamais le silence n’a été aussi présent, reposant et ressourçant.

Notre Terre, notre précieux véhicule cosmique, vibre de joie. Et juste envie de vibrer comme elle…

Jamais le vert des feuilles n’a été aussi vert, aussi profond.

Jamais les arbres n’ont respiré aussi profondément, ni moi.

Ralentir, s’arrêter, se poser… Observer, ressentir, relâcher… Et s’harmoniser avec la vibration naturelle.

Le monde s’est arrêté dans une brutalité surprenante, dans une urgence vitale.

Il y a ceux qui étaient prêts.

Et il y a ceux qui ne perçoivent pas, qui ne sentent plus, qui vibrent trop bas. Le fossé semble se creuser, les incompréhensions s’accentuer, les différences se révéler.

Refus de reconnaître ce qui est et d’accepter ce qui s’impose à nous tous. Eviter à tout prix de s’arrêter pour écouter, comprendre et réfléchir.

Il y a ceux qui ont respecté la vie et posé leur première pierre pour commencer à construire ensemble le monde de demain, et ceux qui ont résisté et sont restés dans le monde d’hier.

Carnets

Depuis l’adolescence je remplis des carnets.

Car j’aime ces petits objets, mignons et colorés que je prends plaisir à choisir dans des papèteries où je flâne durant des heures…attirée par des animaux rigolos, hérisson bleu ou autre chouette rose (ça c’est mon côté régressif), ou par des fleurs romantiques et des matières brutes (ça c’est mon côté nature).

Mais aussi car j’aime écrire. Jouer avec les mots et les écouter chanter. Me soulager des mots trop lourds, reflets de mes maux.

Carnet personnel, carnet lunaire, carnet de yoga, carnet de poèmes, carnet de rêves…

Et puis aujourd’hui, l’envie d’ouvrir mes carnets et de laisser s’envoler mes textes.